CECI EST UNE DESIGN FICTION

Et si les bulles de filtre étaient un remède nécessaire à l’infobésite

Les bulles de filtre, dans lesquelles nous maintient la personnalisation implicite pratiquée par les moteurs de recherche et réseaux sociaux, on nous les a d’abord présentées comme la clé d’une expérience améliorée : plus proche de nos besoins et attentes, plus zen, plus fluide, plus… plus…

Mais ça, c’était avant l’élection de Donal Trump. Désormais désignées comme LE terreau le plus fertile des fake news – ou informations fallacieuses – fléau qui pourrit nos démocraties, elles sont devenues la cible numéro un de ceux-là même qui les ont créées, au premier rang desquels Facebook et Google.

Mais finalement, si les bulles de filtre n’étaient que l’expression de notre instinct grégaire, voire un mécanisme de défense que nous développons pour nous protéger du bombardement d’informations auquel nous sommes quotidiennement exposés et donner corps à nos identités fragiles et mouvantes.

Une lecture possible du phénomène, qui poussée à l’extrême donne… filttr. Un exercice de design fiction réalisé lors de l’Empathy Lab, des 10 et 11 juin 2017, à l’invitation de La Belle Games et Learn Do Share Paris et avec les conseils et encouragements de l’équipe du studio Design Friction.

Nous sommes en 2025. Depuis près de dix ans, la DARPA, Neuralink, Kernel, Facebook – et avant eux  la recherche médicale – travaillent à l’interfaçage de nos cerveaux avec nos machines.
Les fake news circulent, les journalistes et citoyens armés d’algorithmes toujours plus intelligents les traquent.
Jamais nous n’avons été soumis à un tel déferlement de messages et informations, au point pour certains de développer de nouvelles pathologies mentales et au prix pour tous d’une fatigue psychique que n’élimine pas – encore – l’augmentation artificielle de nos capacités cognitives.

Si l’on était cynique, ne chercherait-on pas à tirer parti de ce contexte, à satisfaire ce besoin latent d’un cocon où nous mettre à l’abri du bruit médiatique ? filtrr c’est exactement ça. Un contrepied absurde à la dénonciation des bulles de filtre. Une façon ludique d’ouvrir le débat.

Merci à Ève pour la co-création du scénario filttr, à Fabienne et Laurent pour l’organisation de ce gamathon, à Estelle, Benoît et Max pour leur enthousiasme communicatif pour la design fiction.

UN PEU DE CONTEXTE

Bulles de filtre & fake news

Bulles de filtre et démocratie
Les Mondes Numériques se penche sur le phénomène des bulles de filtre. Ont-elles l’incidence qu’on leur prête ?

Facebook est-il un danger pour la démocratie ?
Le Monde consacre une double page aux bulles de filtre. Le coupable ? Facebook, bien sûr.

Et si on arrêtait avec les bulles de filtre ?
Image Sociale questionne le concept de bulles de filtre. Et si finalement elles n’étaient que les extensions numériques de notre instinct grégaire ?

Et si les médias redevenait intelligents ?
Le cahier de tendances printemps – été 2017 d’Éric Scherrer. Au menu, fake news, intelligence artificielle et médias.

Interfaces neuronales

3 articles de TechCrunch, qui reviennent sur la tendance actuelle des géants de l’Internet à investir dans les interfaces neuronales directes.

Avec Neuralink, Elon Musk veut nous « upgrader » en interfaçant cerveaux et machines.

Facebook aussi prépare des interfaces neuronales directes pour écrire sans les mains (entre autres)

Elon Musk persiste : pour rivaliser avec l’IA nous avons besoin d’interfaces neuronales

Pendant ce temps la DARPA (l’agence de recherche du ministère de la défense étatsunien) développe un « modem cortical » pour une connexion directe avec nos machines.

5patttttes a.k.a. Annabel

UX Designer, fan de SF et d’anticipation, je suis 5patttttes a.k.a. Annabel. Quand je ne traîne pas sur les interwebs… Je bricole. Des bots, des web apps… Et maintenant de la design fiction

@annabelrouxfbrq.fr